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Le développement durable dans le projet

Les exigences du projet urbain dépassent largement les ambitions locales et règlementaires, mettant très fortement en avant les thématiques de l’énergie, de la gestion des eaux pluviales et de la biodiversité.

Maîtriser les ressources énergétiques

Le quartier étant investi d’un objectif de consommation moindre, la conception bioclimatique a été favorisée avec des orientations choisies en fonction de l’ensoleillement. Les compositions des parois extérieures, étudiées pour augmenter les performances thermiques, sont doublées de vitrages adaptés à chaque orientation afin de maximiser les apports solaires hivernaux et de limiter les surchauffes estivales.

Les bâtiments sont conçus de manière à limiter les consommations de ressources épuisables, à la fois pour la construction et l’élaboration des produits de construction mais aussi pour les consommations du bâtiment en exploitation.
Des dispositifs innovants visant à maîtriser les consommations énergétiques sont mis en œuvre pour respecter les objectifs du Plan Climat de la Ville de Paris et ainsi atteindre une consommation de 50 Wh/m² SHON/an pour les constructions neuves (consommation moyenne des bâtiments existants : 4 fois supérieure) et 80 Wh/m² SHON/an pour les réhabilitations.

Le recours à l’énergie solaire, via des panneaux solaires thermiques, permet également de limiter très significativement le bilan carbone de l’opération en fournissant environ 40% de l’eau chaude sanitaire utilisée dans les logements.

De même, les bâtiments (à l’exception de la pépinière d’entreprises dont les besoins sont moindres) sont raccordés au réseau de chaleur de la ville (CPCU). Son mode de fonctionnement est simple :

  • De l’eau est chauffée dans les centrales de production de chaleur (par exemple : usine d’incinération des déchets),
  • La vapeur d’eau à haute température est envoyée dans le réseau CPCU à travers Paris,
  • Les immeubles raccordés chauffent l’eau de chauffage et l’eau sanitaire par échange de calories dans la sous-station située dans le bâtiment.
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Gérer les ressources en eau

Parce que l’eau potable est une denrée précieuse, l’objectif consiste à modérer la consommation de chacun pour la rendre inférieure à 80 litres par jour et par personne, contre 137 litres en moyenne en France. Pour cela, la mise en place de dispositifs tels que des mousseurs, des réducteurs de débit et des mitigeurs thermostatiques a été généralisée à tous les logements.

Concernant les eaux de pluie, les rejets au réseau d’assainissement public sont limités pour éviter sa saturation en cas de forte pluie. L’infiltration des eaux de pluie sur place est donc privilégiée. Les toitures des bâtiments ont toutes été végétalisées dans cet objectif, soit 4 000m² environ pour des épaisseurs de 18 à 35cm. Les espaces verts privés et publics, ainsi que la présence d’une noue le long de l’allée Marianne Breslauer contribuent également à cette infiltration des eaux de ruissellement (100% sur les espaces publics).
Enfin, des systèmes de recyclage des eaux pluviales ont pu être mis en place pour l’arrosage des espaces verts des lots notamment.

Privilégier le confort des logements

Les logements traversants ont été privilégiés pour favoriser la lumière et permettre leur ventilation naturelle. Des protections solaires doivent être prévues pour les baies exposées donnant sur les pièces à vivre (brise-soleil, stores…) afin d’assurer le confort des habitants en toute saison.
Ainsi, le nombre d’heures durant lesquelles la température dans les logements sera supérieure à 28°C ne devrait pas excéder 30 dans l’année. Ces exigences sont vérifiées pendant les études par la réalisation de simulations thermiques dynamiques.

De même, une simulation d’éclairage est réalisée pendant la conception du bâtiment pour optimiser le confort visuel à l’intérieur des pièces à vivre.

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Choisir des matériaux à faible impact environnemental

Afin de limiter l’impact environnemental des futurs bâtiments, les matériaux à faible impact environnemental et sanitaire sont privilégiés :

  • Au moins 30% des revêtements de sols doivent être en matériaux renouvelables,
  • Au moins 10% de la masse des matériaux doit être issue de filières de recyclage ou de récupération,
  • Un volume minimum de bois certifié (PEFC, FSC ou équivalent) doit être mis en œuvre (entre 15 et 20 dm3/m² SHON) sur l’ensemble du projet.
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Organiser un chantier respectueux de son environnement

Pendant toute la durée des travaux, des contraintes rigoureuses pour réduire les nuisances liées au chantier sont imposées. Les entreprises qui interviennent sur le site signent une charte spécifique dans le cadre d’une démarche de chantier propre, avec notamment :

  • une maîtrise des pollutions et des nuisances pendant le chantier, y compris sonores. Les travaux bruyants sont par exemple interdits entre 13h et 15h pour permettre la sieste des enfants de la crèche Lacordaire et de l’école Convention situées à proximité.
  • un tri sur le chantier (quand cela est possible) et une valorisation des déchets de démolition dans des filières appropriées à hauteur de 70%.

S’engager pour l’insertion sociale

La SemPariSeine est désireuse de développer au mieux l’insertion sociale par l’activité économique pour chacune de ses opérations. Elle demande un engagement similaire aux constructeurs des lots à bâtir qui ont l’obligation d’intégrer une clause d’insertion sociale dans les marchés de travaux de leurs entreprises. Ainsi, 6% du nombre d’heures travaillées sur les chantiers de Boucicaut sont effectuées par des personnes en insertion. Sont notamment concernés les demandeurs d’emploi de longue durée, les allocataires du revenu de solidarité active demandeurs d’emploi, les allocataires de minima sociaux, les personnes reconnues travailleurs handicapés, les jeunes sortis sans qualification à l’issue de leur scolarité… Depuis début 2011, plus de 60 000 heures d’insertion ont été réalisées sur l’ensemble des chantiers (bilan à fin janvier 2015) et 7 salariés ont pu être embauchés en CDI.
La SemPariSeine est accompagnée dans cette démarche par la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE), tant pour la définition des objectifs que pour leur suivi et l’accompagnement des entreprises dans la réponse à cette exigence.

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